Arnaud Joly a cofondé la Régie Planète Verte, au sein du Groupe Planète Verte. C’est l’unique régie à ce jour dédiée au développement durable et à la communication responsable.

Arnaud a fait le choix de se lancer dans cette aventure car elle correspondait à ses valeurs, à la fois personnelles et professionnelles.

L’engagement et l’implication d’Arnaud dans son projet sont en cohérence avec son entreprise et peuvent inspirer tout jeune entrepreneur.

Bonne lecture ! 🙂

Bonjour Arnaud, pouvez-vous me raconter votre parcours ?

Je suis originaire de Grenoble et je suis venu à Paris pour finir mon master de commerce international à l’Institut d’Etudes Européennes. J’ai commencé à travailler chez Planète Verte en tant que pigiste, ce qui n’a rien à voir avec le commerce international et la publicité ! Quand j’étais à ce poste, en stage de M1, nous avons vite été confrontés au besoin de le financer. Nous avons donc réfléchi et commencé à faire un peu d’intrapreneuriat – de l’entrepreneuriat au niveau de l’entreprise. J’ai eu l’idée de construire un écosystème où nous mettions en relation des sites partenaires avec des annonceurs qui ont une thématique spécifique. Le sujet sur lequel je travaillais était les véhicules électriques, et à l’époque, il y a 6 ans, c’était très rare. On n’y croyait pas encore. Nous avons ainsi travaillé avec les premiers qui se penchaient là-dessus, comme Nissan et Renault. Le projet était intéressant et grâce à ma connaissance de l’univers de la publicité – car en L3 je travaillais dans l’emailing, sur le thème du marketing direct – nous avons travaillé un an et demi sur le développement de la régie. Ensuite, je suis parti à l’Argus automobile, donc j’étais un peu éloigné de tout. Il s’agissait de véhicules plus polluants ! Mais je voulais exercer un métier dans lequel je pourrais gagner en compétences, notamment sur la connaissance marché. Je pense qu’il a été important d’avoir des expériences sur d’autres postes, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui sans ces expériences. Je suis resté 1 an et demi pour appréhender le marché automobile, et ensuite je suis parti 1 an et demi chez 20 Minutes, où je voulais travailler sur le côté global des annonceurs. La portée du journal a une puissance énorme, c’est donc légitime pour beaucoup de campagnes, mais ce n’est pas un spécialiste, c’est juste puissant. J’avais envie de voir d’autres secteurs, comme de l’alimentaire, de la banque, et puis j’ai rencontré Julien qui est l’un des 3 associés de Planète Verte. Il était Head of Traffic chez 20 Minutes. Nous finissions vers 20h et nous avions un rituel de jouer au babyfoot, nous discutions, et de fil en aiguille, nous avons senti que nous avions envie de choses similaires pour un projet professionnel. A ce moment-là, on m’a proposé un poste chez un spécialiste du mobile. C’était bien payé, le poste était intéressant et 20 Minutes m’a fait une contre-proposition. En parallèle, Jean-Patrick, mon associé actuel, m’a dit que la boîte n’allait pas très bien et que les équipes en place avaient du mal à avancer. J’avais donc 3 choix : rester sur mon poste avec une promotion, un boulot bien payé qui ne me plaisait pas, et un boulot mal payé qui me plaisait. J’en ai parlé à Julien et je lui ai demandé si ça l’intéressait de venir travailler avec moi et il était ok ! Donc je suis parti de 20 Minutes en janvier 2016, Julien m’a suivi en mars-avril, et on est devenu complètement opérationnels sur Planète Verte.

L’objectif était de développer une régie publicitaire dédiée au développement durable et à la communication responsable – c’est unique à ce jour. On a beaucoup de concurrents, car n’importe quel média peut rentrer sur de la communication corporate, et c’est le cas parfois, mais nous sommes les seuls sur ce segment. L’objectif est de gérer l’ensemble des canaux de communication, pas que le digital, aussi la presse, la web radio, les influenceurs, youtubeurs, bloggeurs, instagrameurs. Les choses sont différentes d’il y a 6 ans, on est sur une stratégie de fond au niveau des boites, on a une vraie recherche de la valorisation du travail RSE, qui est parfois en total déséquilibre par rapport à la stratégie globale de la boite. Nous communiquons sur l’engagement des sociétés et aussi sur un axe de communication très orienté produit, où là on parle de produits qui ont du sens, comme ceux du commerce équitable, avec Max Havelaar par exemple. On touche tous les secteurs d’activités, on a quasiment 80 médias et influenceurs, donc on a un grand écart sur ce qu’on touche.

Quel était le cœur de la vision d’entreprise que vous partagiez avec Julien ?

Il y avait plein de mots : la souplesse, la liberté de travailler, la liberté de se lancer sur des sujets multiples – ce qui est un avantage ou un inconvénient car parfois ça divague loin. On est rationnels mais cette liberté de penser est importante et dans les grosses structures, ça n’est pas très valorisé.

Ce qui était important, c’était la liberté et l’engagement sur des sujets qui ont de l’importance à nos yeux.

C’est comme ça qu’on a monté la régie ensemble.

Vous avez monté la régie comme une entreprise indépendante alors, comment se passent les échanges avec le Groupe Planète Verte ?

Culturellement parlant, on a une vision de la boite qui est totalement différente. Nous, on est dans le marketing et la publicité, avec des profils plutôt orientés digital et eux sont sur la technique, avec des profils ingénieurs.

Cependant, on fonctionne en harmonie et on voit comment deux structures qui sont sur un business model différent sur le même secteur peuvent se nourrir entre elles.

Pragmatiquement, il n’y a pas de barrière, c’est en open space, c’est mélangé. Chacun a ses façons de faire, ses missions et ses périmètres. En fait je vois ça comme le yin et le yang, ils s’emboitent mais sont différents. C’est intéressant car il y a beaucoup de synergie, on échange beaucoup, sur les accompagnements stratégiques des uns et ceux en communication des autres. Tout cela est bénéfique et on s’implique beaucoup, c’est important.

Vous avez un rythme de travail classique aujourd’hui ?

Je fais beaucoup d’heures… J’essaye de me dégager plus de temps. La première année, c’était beaucoup, beaucoup d’heures, donc cette année j’essaie d’être plus souple. Pour les équipes c’est standard, mais on n’a pas le nez sur nos montres.  Aujourd’hui, j’ai des journées plutôt classique mais le fait est que je suis connecté H24 avec mon téléphone. Mon boulot me suit, mais c’est un engagement que je fais car c’est le début et je me dis que je ne peux pas me mobiliser moins. Cependant, ce n’est pas une vision du travail que je souhaite appliquer pendant 5 ans.

Quelle est justement la vision que vous souhaitez appliquer ?

Cela me questionne beaucoup ! Je me demande comment une structure peut grandir sans perdre ce qu’elle est. J’adore, tous mes collègues sont presque des amis, et je me demande comment la structure doit grandir avec le coté obligation de travail, de résultats, sans perdre la joie de vivre, la joie de bosser, la trame nous unie tous. C’est très important cette ambiance, ça booste pour s’impliquer. C’est une chose à laquelle nous faisons attention quand nous recrutons.

Notre ambition est de continuer à faire grossir la boite, en effectif, avec les influenceurs, multiplier les projets, les sources de connexion, tout en gardant des bases saines.

Aujourd’hui vous arrivez à profiter d’une potentielle flexibilité ?

Totalement, si je veux partir en vacances demain je peux, mais faut l’utiliser à bon escient, ne pas partir alors qu’il y a une urgence.

Julien apprécie beaucoup la possibilité de travailler chez lui, dans un café, dans un parc. C’est une vraie liberté de ne pas être obligé d’être présent à un endroit précis à une heure précise.

Et en parallèle vous prenez soin de vous ?

J’ai un enfant de 4 ans, donc je n’ai pas beaucoup de temps. Mais je suis sorti hier soir quand même ! (rires)

Comment aimeriez-vous prendre davantage soin de vous ?

Je voudrais faire plus de sport mais le rythme est effréné. Cela dit, ça va mieux maintenant, je déjeune de temps en temps avec ma femme à midi, j’essaie de pas rentrer trop tard le soir, et je déconnecte beaucoup le weekend.

Qu’est-ce qui vous aide à garder votre équilibre ?

La famille. C’est important d’être présent. Je pourrais facilement travailler jusqu’à minuit sur un projet mais je rentre pour être avec eux, je me dis qu’il y a un temps pour tout. Je sens le besoin de déconnecter et faire autre chose. Mais ce n’est pas vraiment prendre soin de moi.

Ça passerait par quoi alors si vous aviez plus de temps ?

A mon avis, par du sport, des voyages, du temps en famille, avec les amis, d’autres projets personnels. Je suis devenu directeur d’une filiale digitale dans une école de commerce donc ça fait plus de travail, mais le but est de pouvoir travailler sur d’autres projets en parallèle. Ma femme est mexicaine donc un de mes projets est de pouvoir aller là-bas, d’avoir un écogite.

D’où vous vient cette sensibilité environnementale ?

En regardant ce qui m’entoure. Je suis plus sensible aux voyages même si l’alimentaire me touche énormément, avec les scandales dans les abattoirs, etc. Ce qui me touche surtout, c’est l’humain et de réfléchir à comment redonner du sens, de la revalorisation, et comment aider l’autre sans y gagner.  

Vous imaginez retourner dans le salariat traditionnel ?

Non, j’en ferais des cauchemars ! J’aurais l’impression de renier des choses. C’est très cliché, mais c’est comme si on déployait ses ailes sur des sujets qu’on aime et ce serait se replier sur soi-même.

Dans la fonction que j’occupe j’ai l’impression d’être à ma place et de faire ce qui me plait.

Je ne pourrais pas avoir la liberté que j’ai aujourd’hui en étant salarié.

Qu’est-ce qui vous plaît aussi ?

La motivation première, c’est que j’ai la main sur mes échecs et mes réussites. J’aime l’idée de monter quelque chose qu’on a pensé soi-même plutôt qu’un projet sur lequel on doit rendre des comptes et ne pas forcément y trouver du sens.

Vous aviez imaginé qu’un jour vous ne seriez plus salarié ?

Bonne question. Honnêtement, j’ai toujours imaginé faire plus que ce qu’on me demandait. Par exemple, j’ajoutais un reporting qui analysait ce que j’avais fait, j’étais toujours un cran au-dessus pour donner une meilleure vision de mon travail, mais de là à me dire que moi je voulais ma propre boite, pas forcément.

Quelles sont les leçons que vous avez apprises jusqu’ici ?

Surtout qu’il ne faut pas improviser.

Comment gérez-vous les moments de doute ou de stress que vous pouvez avoir ?

En règle générale, je me pose avec Julien et Jean-Patrick, on analyse le pourquoi du comment. C’est une remise en question perpétuelle. Je doute aussi quand ça marche, j’aime comprendre. J’ai un esprit analytique, je dois comprendre ce qu’il se passe, pourquoi un client me confie son budget. Sinon j’essaye de voir si j’ai une faille.

Pour conclure, quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur ?

L’important c’est d’être bien accompagné au début, sur le côté compétence, la technique, être en synergie avec les gens.

Comment voyez-vous évoluer le rapport au travail ?

Ce serait bien qu’il n’y ait plus de postes fixes, on pourrait papillonner de projet en projet. Ce serait vraiment bien car chacun pourrait participer sur ce qu’il aime. Si on imagine sans un cadre légal, mais uniquement sur la pertinence concernant la façon de travailler, si on peut se diversifier et pas être que sur un sujet, ce serait bien.

Et quel est votre avis sur la tendance du bien-être au travail ?

Cela me paraît logique et normal qu’on y réfléchisse. Cela me paraît normal qu’une personne se sente bien au travail. Je ne me suis jamais senti mal au boulot, je ne l’aurais pas accepté. Quand vraiment c’est arrivé, je suis parti. Mais ce n’était pas un mal-être, c’était plutôt que je ne voulais plus faire ça.

Et sur le bien être en général ?

C’est important d’être heureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Il faut trouver un juste milieu et être conscient de ce que l’on veut.

Merci Arnaud !

Pour découvrir la régie Planète Verte de plus près, c’est par ici : http://regieplaneteverte.fr/

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